Au risque d'y raviver la polémique sur le livre de Valérie Trierweiler-Massoneau "Merci pour ce moment", je ne peux m'empêcher, après de nombreuses hésitations sur l'idée d'acheter ou non son récit, de comprendre la personnalité de cette "Ex-Première Dame" comme beaucoup de journalistes et critiques aiment, maintenant, l'appeler.

Sur la qualité de l'écriture, j'ai été déçue ; je ne prétends pas m'y connaître (bien que je m'essaie durant quelques heures perdues), mais pour être une lectrice amoureuse des mots, la construction du récit est sauvage, mal orchestrée. Cela confirme que son auteure est sans doute mieux placée pour écrire des articles politiques que pour être critique littéraire. Pouvons-nous analyser ce que nous ne maîtrisons pas ?

Son sentiment d'illégitimité, qu'elle ne cesse de mettre en avant tout au long du livre, est criant. Elle le démontre à travers tous les maux qu'elle renvoie : le sentiment de trahison, la violation de sa vie privée, l'acharnement des médias contre elle et, plus que tout, une douleur qu'elle entretient au fil des pages jusqu'au moment où elle s'apaise enfin pour parler de ses projets humanitaires.

Illégitime sur tous les plans : son métier, son rôle, privé et public.

Il est certain qu'elle n'était pas prête, je ne doute pas de sa sincérité sur ce point ; je ne doute pas non plus qu'elle ait tenu très profondément à l'homme qui deviendra Président de la République, plus de l'homme que de sa fonction.

Qu'elle soit hystérique, caractérielle, imbu de sa personne plus que snob, cela ne colle pas au personnage (il faudrait peut être arrêter de nous prendre pour des "sans-cervelles" en plus de "sans-dent", terme relayé par les médias comme une traînée de poudre, sans vérifier le moins du monde qu'un tel terme soit employé par un Président.)

Fière, orgueilleuse, pourquoi pas ? Cela dit, pour fréquenter ce genre de millieu, mieux vaut l'être en mon sens ; personne n'y resisterait autrement. Surtout pas vingt-quatre ans comme elle l'a été en tant que journaliste politique.

Pourquoi donc ont-ils renié ces qualités, pire, l'avoir déboutonnée ?

Auraient-ils honte ce qu'ils sont ?

 

Cela dit, elle a bien fait...de l'écrire.

D'abord, pour elle, j'accepte volontiers qu'il ait été son éxutoire. Qu'elle en tire un bénéfice financier, à nous, lecteurs, de prendre nos responsabililtés. J'ai été hapé par la curiosité (malsaine ?) du grand cru qu'il pouvait représenter, comme beaucoup d'entre nous, mais à l'inverse de la majorité, j'ai laissé "le temps au temps" pour analyser mon impression avant même de juger et lire.

D'ailleurs, je serais bien piètre femme de jauger ce qu'elle est ; cela n'est pas intégré dans les préceptes de ma religion et à l'instar des journalistes, je ne suis pas payé pour faire du sensationnalisme ou scruter ma part d'audience.

Enfin, reste qu'elle a mal usé de ce tapage médiatique, trop atteinte dans sa fierté, son orgueil, son amour-propre, son amour tout court.

D'une part, qu'elle ait tenu ou non à rester indépendante financièrement, elle se devait d'exiger un mariage en bon et dû forme. Elle a autant été dédaigné de son auditeoire que de son compagnon.

On peut trouver tous les défauts à Nicolas Sarkozy, il a très vite compris tout l'intérêt qu'il aurait à formaliser sa vie de couple avec Carla.

Devons-nous lui en reprocher ou nous en indigner devant un Président qui, décidemment, peine à nous donner une image d'homme stable ?

J'espérais également que l'ambiguïté du statut de "Première Dame", soit enfin éclaircie, grâce à elle.

Certes, il n'était pas de bon ton d'apurer ce type d'inégalité, devant l'explosition du chômage, de la misère et le grondement social.

Pour autant, cela n'aurait pas coûté un seul centime et aurait, peut-être, eu le mérite de relever un état d'esprit "Macho-Men" qui règne régulièrement dans le "Palais" ; une première pierre dans l'édifice des inégalités Homme/Femme, au sommet d'un Etat qui devrait, pour le coup, être exemplaire.

Il aurait été également judicieux, qu'elle s'applique à ne pas devenir "Une Première Dame"  "normale".

La République Française reste une Monarchie "moderne", de part son histoire, mais aussi par les femmes et hommes qui ont construit la société dans laquelle nous évoluons aujourd'hui.

Les Français aiment, malgré leur honte à l'avouer, ce faste qu'ils dédaignent ; une relation passionnelle les unit à leur Chef d'Etat et leur épouse; "Je t'aime, moi non plus", un leitmotiv si évident qu'il en est oublié des plus hautes instances.

Ils ont besoin de "vibrer" pour ce que ces oligarches étatiques représentent : un rêve puissant.

Or, depuis Nicolas Sarkozy, le Chef d'Etat devient un "people" presqu'accessible au travers de journaux à peine professionnels ; le respect de l'officier s'efface au bénéfice de sa quote de popularité...ou pas (d'ailleurs).

Alors, si j'avais le plaisir de rencontrer Madame Valérie Trierweiler-Massonneau (j'y tiens, sa véritable indépendance est là), plaisir car j'aime les gens pour leurs expériences et leurs différences, je lui dirais qu'elle vire son éditeur qui l'a laissé se "vautrer" sur des erreurs de syntaxes assez flagrantes (même pour l'amatrice que je suis), qu'elle assume son rôle d' "Ex-Première Dame" au bénéfice des associations qu'elle défend mais également de ses convictions personnelles, qu'elle se gausse des attaques de journalistes peu scrupuleux qui ne cherchent qu'à vendre du scandale (personne n'est dupe) -   qu'elle change de coupe de cheveux, de maquilleur(se) et de marque de vêtements, pour exhaler son renouveau intérieur, qu'elle prenne soin d'elle et qu'elle soit heureuse.

Et...pardon si mes quelques critiques ont pu la blesser.